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Déjà au Ve siècle avant J.-C., Socrate affirmait déjà : “Je sais que je ne sais rien.” Et au cours des siècles, les philosophes et savants finirent toujours par aboutir à cette constatation. Au point que Montaigne, au XVe siècle, finit par dire qu’il n’osait même pas affirmer qu’il ne savait rien, car c’était encore affirmer quelque chose et donc disait tout simplement : ”Que sais-je ?”. Au siècle suivant, Blaise Pascal constatait lui aussi la difficulté d’atteindre le savoir et affirmait : “Tout savoir, c’est savoir que l’on ne sait rien”. Cependant Descartes, à la même époque, en arriva, quand à lui, à se dire que si l’on pouvait douter de tout, on ne pouvait tout de même pas douter de notre propre pensée, sans tomber dans l’absurde, dans un total nihilisme qui ne signifierait plus rien, et c’est ainsi qu’il aboutit à son célèbre axiome : “Je pense, donc je suis !” Il confirmait ainsi Blaise Pascal qui constatait que “L’homme n’est qu’un faible roseau qui ploie sous le vent, mais c’est un roseau pensant…” Mais n’avons-nous pas évolué depuis le XVIIe siècle ? Toutes les découvertes scientifiques ne nous ont-elles pas apporté des réponses aux questions que se posaient nos ancêtres philosophes ? Je pense qu’en fait, à cette question, on ne peut que donner une réponse de Normand : “Peut-ête bin qu’oui, peut-ête bin qu’non…” Car si la Science nous explique (avec souvent bien des incertitudes, car ce qui est était vrai hier ne l’est souvent plus aujourd’hui, et ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain) le comment des choses, elle ne nous explique jamais le pourquoi. Et en outre, finalement, nous nous apercevons que chaque fois que nous trouvons une réponse à une question, celle-ci, généralement, ouvre la porte à de nouvelles questions, plus nombreuses et plus difficiles. Que l’on aille dans l’infiniment petit, ou dans l’infiniment grand, chaque “question-réponse” est semblable à une mouche qui vole dans une cathédrale, laquelle cathédrale est une mouche qui vole dans une cathédrale, laquelle est une… ainsi que l’ironisait un célèbre philosophe du XXe siècle. Devons-nous alors donner le dernier mot à Pascal et à son célèbre “Tout savoir, c’est savoir que l’on ne sait rien.” ? Certes le fait que nous pensions, le fait que nous ayons conscience des choses leur donne existence. C’est donc que la conscience est l’essence même de l’étant de l’être. Si je ne pensais pas les choses, elles seraient comme n’étant pas. Et cependant, quand je dors ? Les choses ne sont-elles plus ? Ou bien ne sont-elles que parce d’autres consciences, ou une autre, les pensent ? Mais toutes |
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ces autres consciences ne dorment-elles pas elles aussi à un moment ou à un autre ? Et ces autres consciences ne sont-elles pas comme moi, temporelles et non pas immuables ? Elles ont eu un commencement et auront une fin, alors est-ce à dire que, avant que n’existât la première conscience, il n’existait rien ? Car il est bien évident que s’il n’y avait aucune conscience pour constater l’existence de l’univers, l’univers serait comme n’existant pas. Apparemment, tout commence donc bien avec le “Je pense, donc je suis” de Descartes. Et, comme le monde semble bien avoir existé avant moi, et avant l’apparition du premier être pensant, et aussi qu’il existera encore après moi, il convient rationnellement d’admettre qu’avant toutes choses, il exista, existe et existera une Conscience qui donne existence aux choses. Une sorte de Super-Conscience qui est l’essence même de l’être de toutes choses. Toutefois, cela n’est apparemment pas scientifiquement prouvable, je ne peux pas le prouver par des expériences matérielles, puisqu’il ne s’agit ici que d’une déduction philosophique. Encore que… il est bien des raisonnements matériellement et scientifiquement admis qui ne résistent pas à l’évolution de la connaissance… Pourquoi est-il donc si difficile de faire admettre l’existence de cette Super-Conscience ? Parce que nous la nommons Dieu ? Peut-être parce que si nous acceptions la notion de Dieu, comme une vérité irréfutable et indéniable, cela nous obligerait et nous enlèverait une part de notre liberté ? Que serait la Foi si l’existence de Dieu devenait une évidence indubitable et incontestable ? La Foi, le fait de croire n’est-ce pas la plus grande liberté, sinon l’unique liberté, que possède l’Humain ? La Foi est un choix, tant que je n’ai pas une preuve absolue, indéniable et irréfutable de l’existence de Dieu, je reste libre de L’accepter ou de Le nier. Et mon choix résulte d’une volition, d’un acte de volonté. Le croyant qui affirme l’existence de Dieu, fait une volition ; tout comme l’athée qui nie l’existence de Dieu effectue lui aussi une volition. Le premier croit parce qu’il veut croire, le second nie parce qu’il veut nier. Dans les deux cas, l’humain exerce sa liberté et, donc aussi sa responsabilité. Mais la foi, m’objecteront certains, n’est-elle pas une grâce ? Néanmoins, cela n’est-il pas aussi un acte de foi… ? Mais là, nous abordons un tout autre domaine, celui la prédestination. Et voilà comment, ici encore, nous pénétrons dans le monde infini des “questions-réponses”, dans le domaine de l’inconnaissable… Alors, CROIRE EST-CE PLUS QUE SAVOIR ? |
