CROIRE ou SAVOIR ?  (De... & sur... tout.) posté le mardi 09 décembre 2008 06:10


Déjà au Ve siècle avant J.-C., Socrate affirmait déjà : “Je sais que je ne sais rien.” Et au cours des siècles, les philosophes et savants finirent toujours par aboutir à cette constatation. Au point que Montaigne, au XVe siècle, finit par dire qu’il n’osait même pas affirmer qu’il ne savait rien, car c’était encore affirmer quelque chose et donc disait tout simplement : ”Que sais-je ?”.

Au siècle suivant, Blaise Pascal constatait lui aussi la difficulté d’atteindre le savoir et affirmait : “Tout savoir, c’est savoir que l’on ne sait rien”.

Cependant Descartes, à la même époque, en arriva, quand à lui, à se dire que si l’on pouvait douter de tout, on ne pouvait tout de même pas douter de notre propre pensée, sans tomber dans l’absurde, dans un total nihilisme qui ne signifierait plus rien, et c’est ainsi qu’il aboutit à son célèbre axiome : “Je pense, donc je suis !”

Il confirmait ainsi Blaise Pascal qui constatait que “L’homme n’est qu’un faible roseau qui ploie sous le vent, mais c’est un roseau pensant…”

Mais n’avons-nous pas évolué depuis le XVIIe siècle ? Toutes les découvertes scientifiques ne nous ont-elles pas apporté des réponses aux questions que se posaient nos ancêtres philosophes ?

Je pense qu’en fait, à cette question, on ne peut que donner une réponse de Normand : “Peut-ête bin qu’oui, peut-ête bin qu’non…” Car si la Science nous explique (avec souvent bien des incertitudes, car ce qui est était vrai hier ne l’est souvent plus aujourd’hui, et ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain) le comment des choses, elle ne nous explique jamais le pourquoi. Et en outre, finalement, nous nous apercevons que chaque fois que nous trouvons une réponse à une question, celle-ci, généralement, ouvre la porte à de nouvelles questions, plus nombreuses et plus difficiles. Que l’on aille dans l’infiniment petit, ou dans l’infiniment grand, chaque “question-réponse” est semblable à une mouche qui vole dans une cathédrale, laquelle cathédrale est une mouche qui vole dans une cathédrale, laquelle est une… ainsi que l’ironisait un célèbre philosophe du XXe siècle.

Devons-nous alors donner le dernier mot à Pascal et à son célèbre “Tout savoir, c’est savoir que l’on ne sait rien.” ? Certes le fait que nous pensions, le fait que nous ayons conscience des choses leur donne existence. C’est donc que la conscience est l’essence même de l’étant de l’être. Si je ne pensais pas les choses, elles seraient comme n’étant pas. Et cependant, quand je dors ? Les choses ne sont-elles plus ? Ou bien ne sont-elles que parce d’autres consciences, ou une autre, les pensent ? Mais toutes

 

ces autres consciences ne dorment-elles pas elles aussi à un moment ou à un autre ? Et ces autres consciences ne sont-elles pas comme moi, temporelles et non pas immuables ? Elles ont eu un commencement et auront une fin, alors est-ce à dire que, avant que n’existât la première conscience, il n’existait rien ? Car il est bien évident que s’il n’y avait aucune conscience pour constater l’existence de l’univers, l’univers serait comme n’existant pas. Apparemment, tout commence donc bien avec le “Je pense, donc je suis” de Descartes. Et, comme le monde semble bien avoir existé avant moi, et avant l’apparition du premier être pensant, et aussi qu’il existera encore après moi, il convient rationnellement d’admettre qu’avant toutes choses, il exista, existe et existera une Conscience qui donne existence aux choses. Une sorte de Super-Conscience qui est l’essence même de l’être de toutes choses.

Toutefois, cela n’est apparemment pas scientifiquement prouvable, je ne peux pas le prouver par des expériences matérielles, puisqu’il ne s’agit ici que d’une déduction philosophique. Encore que… il est bien des raisonnements matériellement et scientifiquement admis qui ne résistent pas à l’évolution de la connaissance…

Pourquoi est-il donc si difficile de faire admettre l’existence de cette Super-Conscience ? Parce que nous la nommons Dieu ? Peut-être parce que si nous acceptions la notion de Dieu, comme une vérité irréfutable et indéniable, cela nous obligerait et nous enlèverait une part de notre liberté ? Que serait la Foi si l’existence de Dieu devenait une évidence indubitable et incontestable ?

La Foi, le fait de croire n’est-ce pas la plus grande liberté, sinon l’unique liberté, que possède l’Humain ? La Foi est un choix, tant que je n’ai pas une preuve absolue, indéniable et irréfutable de l’existence de Dieu, je reste libre de L’accepter ou de Le nier. Et mon choix résulte d’une volition, d’un acte de volonté. Le croyant qui affirme l’existence de Dieu, fait une volition ; tout comme l’athée qui nie l’existence de Dieu effectue lui aussi une volition. Le premier croit parce qu’il veut croire, le second nie parce qu’il veut nier. Dans les deux cas, l’humain exerce sa liberté et, donc aussi sa responsabilité. Mais la foi, m’objecteront certains, n’est-elle pas une grâce ? Néanmoins, cela n’est-il pas aussi un acte de foi… ? Mais là, nous abordons un tout autre domaine, celui la prédestination.

Et voilà comment, ici encore, nous pénétrons dans le monde infini des “questions-réponses”, dans le domaine de l’inconnaissable…

Alors, CROIRE EST-CE PLUS QUE SAVOIR ?

 

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DE LA JUSTICE ET DU PARDON...  (De... & sur... tout.) posté le mardi 09 décembre 2008 06:10


Il n’y a pas de paix sans Justice,

 il n’y a pas de Justice sans pardon,

disait Jean-Paul-II.

 Et pour nous, qu’est-ce que la Justice et…savons-nous pardonner ?

 Combien de fois n’avons-nous pas entendu, ou peut-être dit, cette phrase : « Ça, je ne peux pas le pardonner ! »

 Et pourtant, nous, qui nous voulons chrétiens, ne répétons-nous pas à longueur d’années : « Père, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé… » ?

 Ah oui, mais cela dépend de l’offense ! Cela dépend de l’offense ? Mais le véritable pardon, n’est-il pas justement dans l’offense la plus grande ? Quelle valeur a le pardon d’une offense minimaliste ?

 Et la Justice alors ? !

 Mais au fait, qu’est-ce que la Justice ? Qu’est-ce qui est juste ?

 Le dictionnaire Larousse définit la Justice comme le Principe moral qui exige le respect du droit et de l’équité ou encore La justice est ce qui est juste. Mais qu’est-ce qui est juste ? Si nous allons à ce mot, on nous dit : est juste ce qui est conforme à l’équité, en respectant les règles de la morale ou de la religion. (…!…)

 Le Robert définit la Justice comme une juste appréciation, la reconnaissance et le respect des droits et des mérites de chacun. Et encore : Principe moral de conformité au droit positif ou naturel. Et on nous dit qu’est juste, ce qui est conforme à la justice, au droit et à l’équité…

 Ne sommes-nous pas en train de tourner en rond ?

 


Cela signifierait-il que chacun de nous a sa notion personnelle de ce qu’est la justice et de ce qui est juste ? …

 Mais que deviendrait alors la justice si chacun définissait ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ?

 Et pourtant, aucune vie sociale ne me paraît possible sans définir des règles, sans codifier un droit.

 Le rôle de la justice n’est-il pas de définir les règles qui régissent les rapports entre les individus, les groupes d’individus et jusqu’aux nations ? Pour que la vie sociale soit possible et pour que règne la paix entre les humains n’est-il pas nécessaire que des règles régissent nos actions et nos rapports et qu’existât une justice ?

 Toutefois pour définir ces règles nous avons besoin d’une base, de fondements, finalement d’une morale. Et qui va décider et nous dire ce qui est moral ou immoral ? Pour que chacun de nous puisse l’accepter, il faut une autorité reconnue par chacun comme lui étant supérieure. Quelle sera cette autorité ? Qui accepterons-nous ? Qui choisirons-nous comme roi ? La Nature, la Société, Dieu ?

 Initialement, ou primitivement, les règles sem-blaient s’être instaurées naturellement, d’une manière quasiment animale : tu me griffes, je te griffes, tu me mords je te mords… Tu tues, je te tue. C’est la loi du talion. C’est aussi la loi du plus fort, la loi de la jungle, la loi de la nature. Y a-t-il une once de justice là-dedans ?

 Si je te frappe parce que tu m’as frappé, si je te tue parce que tu as tué, ne suis-je pas en train de m’abaisser à ton niveau ? En quoi la gifle que je te donne va-t-elle effacer celle que tu m’as donnée ?

Si je te tue parce que tu as tué mon frère, cela va-t-il redonner vie à mon frère mort ?

 Si chaque fois que quelqu’un commet un meurtre, un autre prétend réparer ce meurtre par un autre meurtre, où allons-nous ? C’est pourtant à cela qu’aboutit  la loi du talion.

 Gandhi l’avait illustré avec humour en disant : “Si nous appliquions tous la loi du talion œil pour œil et dent pour dent, bientôt la terre ne serait plus peuplée que d’aveugles et d’édentés.”

 Si nous nous conduisons comme des animaux et rendons griffe pour griffe et coup pour coup, ne resterons-nous pas des animaux ?

 Où est la justice là-dedans ?

La justice est là pour de réguler la violence sous toutes se formes et elles sont nombreuses. Il y a les vols, les mensonges et tous les autres abus, tromperies et vengeances. C’est pour cela qu’on été décrétés des lois et des règlements, pour nous dire comment nous devons nous conduire pour permettre la vie sociale et instaurer la paix entre les humains.

 L’Humain s’est vite rendu compte qu’il ne pouvait pas vivre sans les autres, qu’il était un être social et qu’il devait édicter des règles pour vivre en société. Même dans les sociétés les plus primitives, il existe des règles qui régissent les rapports entre les individus. Longtemps orales, elles furent ensuite codifiées et écrites au fur et à mesure que la vie sociale évoluait et s’organisait.

 Était-ce déjà la Justice ?

 Selon les sociétés, les époques, les situations géographiques, des actes reconnus justes peuvent être considérés comme injustes en d’autres lieux ou d’autres temps. Les exemples ne manquent pas : l’esclavage, les duels, la polygamie, le cannibalisme ou encore les règles d’intouchabilité de la société indienne qui engendra les groupes de parias.

 Que d’injustices ne commirent pas les humains au nom de la justice ? Alors, où trouver la Justice dans tout cela, comment la définir et comment l’accepter ?

 Est-ce pas pour cela que Dieu donna les Tables de la Loi  à Moïse?

 Les Tables apportèrent quelque chose de nouveau : les lois trouvaient un fondement : Dieu, autorité incontestable . Et pour la première fois y fut mentionnée la notion d’amour : Le premier commandement demandait que l’Humain aimât Dieu plus que tout (Dt 6,5) et son prochain comme soi-même…(Lv 19,18)

 C’était là une véritable révolution dans la pensée humaine et l’organisation sociale.

 Jean-Paul-II dit qu’il n’y a pas de justice sans pardon, et ainsi affirme qu’il n’y a pas de justice sans amour, on ne peut pardonner que si l’on aime.

 Nous sommes loin ici de la loi du talion et des idées de justice vengeresse.

 Cela fut écrit 1200 ans avant notre ère, et pourtant, apparemment plus de trois mille ans après, nombreux sont les humains qui ne l’ont pas encore compris et accepté…

 Quelle est donc la notion de justice ancrée dans le cœur de ceux qui pensent ainsi ?

 D’aucuns pensent que faire souffrir celui qui a fait souffrir effacerait la souffrance de la victime, tuer celui qui a tué redonnerait la vie à la victime assassinée…

Un plus un égalerait zéro dans cette arithmétique ! Alors que pour le sens commun un plus un égale deux !

Pour ceux qui pensent ainsi, le geste de Jean-Paul-II qui est allé visiter en prison celui qui avait tenté de l’assassiner, doit apparaître comme une folie !

Et pourtant, depuis deux mille ans, Jésus nous dit : “Aimez-vous les uns les autres, aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.”, ne rendez pas le mal pour le mal… Serions-nous donc sourds ?

 Est-ce que la Justice consisterait à punir ? A quoi sert la punition si elle augmente la souffrance ?

 Si ma justice consiste à vouloir faire souffrir parce que j’ai souffert, en quoi suis-je meilleur et qu’est-ce que cela apporte ? Serai-je donc heureux de voir souffrir le pécheur ou le criminel ? Est-ce ainsi que j’aime mon ennemi ? Est-ce là toute ma justice ?

 Jésus ne disait-il pas qu’il ne voulait pas la mort du pécheur, mais sa conversion ?

 Si quelqu’un a tué mon frère, ma sœur, ma mère ou mon enfant, le faire croupir en prison pendant 20 ou 30 ans voire éternellement, ne redonnera pas la vie à mon enfant, à ma sœur, à ma mère ou à mon frère. Cela ne m’apparaît que comme une vaine et malsaine vengeance.

 La seule chose qui soit utile (ou devrais-je dire bénéfique ?), pour la société, pour l’autre et pour moi-même, c’est que le pécheur ou le criminel se convertisse, qu’il prenne conscience de son méfait, qu’il répare et continue son chemin honnêtement en essayant de construire et de faire le bien.

Vouloir maintenir le criminel en prison pour le faire souffrir, pour le punir, c’est finalement s’abaisser à son niveau et devenir nous-mêmes criminels. Certes il est nécessaire de maintenir le criminel ou le délinquant enfermé pour se protéger et protéger la société et, si l’on sait qu’il va récidiver, il est même criminel de le relâcher, c’est se faire son complice ; tout comme il est condamnable de le maintenir enfermé si nous sommes convaincus qu’il ne va pas récidiver…

 Je crois qu’il est négatif de maintenir le délinquant ou le criminel en prison lorsqu’il est converti et qu’il est tout autant négatif et même dangereux de le relâcher tant que l’on est pas convaincu qu’il ne va pas récidiver…

 Jésus ne nous demande pas de punir et encore moins de nous venger, Il nous demande de ne point juger, de pardonner et de nous aimer les uns les autres.

 Ce n’est pas facile, mais avec la grâce de Dieu rien n’est impossible !

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DU DOUTE...  posté le mardi 09 décembre 2008 06:09

Douter, c’est réfléchir, comment pourais-je réfléchir sans douter?

 Réfléchir c’est se poser des questions et, si je me pose des questions, c’est que je doute…

 Mais, au fait, qu’estce que le doute ?

 D’après le Larousse, le doute c’est “l’état d’incertitude sur la réalité d’un fait.” D’après le Robert, c’est : “L’état de l’esprit qui est incertain de la vérité d’une énociation.” Et, enfin, pour citer Lalande dans son Vocabulaire philosophique, le doute c’est : “Etat de l’esprit qui se pose la question de savoir si une énonciation est vraie ou fausse et qui n’y répond pas actuellement…” Nous trouvons ici un élément supplémentaire : Qui n’y répond pas actuellment et pourquoi n’y répond-il pas, parce qu’il ne sait pas ou parce qu’il ne veut pas, la tâche lui paraissant peut-être trop diffcicile, voire impossible. Mais n’est-ce pas aussi la solution la plus facile ou la plus paresseuse ?

 “Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir.” disait Henri Poincaré dans La science et l'hypothèse.

 Descartes, dans son célèbre Discours de la méthode, écrivait : “Je pensai qu’il fallait que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne me resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fût entièrement indubitable.” Ce qui inexorablement le fit aboutir au fameux ”Je pense, donc je suis.” En effet, comment pouvait-il douter de l’essence même de ce qui lui permettait d’exprimer son doute ?

Descartes utilisa le doute comme base d’une méthode pour découvrir la vérité et tenter d’aboutir à des certitudes.

 Le doute cartésien est une méthode radicale, peut-être temporairement excessive, mais dont le but est de se dégager du doute et de le faire évoluer. Ce fut l’apparition du doute scientifique qui s’applique donc aux choses démontrables, auxquelles on peut trouver une réponse plus ou moins vérifiable.

 Mais la méthode cartésienne peut aussi s’appliquer au doute existentiel, qui lui s’intéresse aux questions métaphysiques, qui vont au-delà de la physique et qui ne nous offrent pas la possibilité d’atteindre des certitudes démontrables.

 Enfin, je pense qu’il existe une troisième forme de doute, le doute religieux, qui lui non plus n’offre pas de réponses indubitables et démontrables, sauf par la Foi, laquelle nous apparaît davantage comme un don que comme le résultat d’un cheminement rationnel.

 Le doute scientifique n’est-il pas, encore de nos jours, à la base de toute science de toute connaissance ? Si le savant ne doutait pas, et n’avançait que de certitude en certitude n’aurait-il pas tôt fait de s’égarer dans les pires erreurs ? Il s’abstiendrait de vérifier ses hypothèses et s’enliserait dans les méandres de ses élucubrations. Il faut souvent ôter et encore ôter la poussière de toutes les supputations et suppositions avant d’atteindre le sol ferme de la certitude.

 Cependant, pour avancer sans se prendre les pieds dans les chausse-trappes, encore convient-il d’appliquer une méthode ; "On ne peut se passer d'une méthode pour se mettre en quête de la vérité des choses” dit Descartes dans son Discours de la méthode.

C’est là toute l’exigence de la démarche scientifique, car la démarche scientifique, comme toute démarche visant la qualité, pour être bien appliquée, nécessite une exigence importante.

Noyé dans le flot des hypothèses et des théories, il convient de douter de toutes et de faire un choix. C’est là toute la difficulté du tri ; savoir aller à l’essentiel, vérifier la consistance et la véracité de chaque élément afin d’éliminer ceux qui seraient faux ou contradictoires. Il est très simple de se noyer dans cette pléthore d’informations.

 Dans la démarche scientifique le doute est plus que jamais nécessaire et indispensable, on le trouve à chaque tournant…

 Mais en est-il autrement dans ce que nous avons appelé le doute existentiel ?

 Non, mais… Si le doute scientifique permet au chercheur d’aboutir à quelques certitudes par la vérification et la confrontation systématiques avec le réel ou tout du moins ce qu’il peut considérer comme tel, dans le cas du doute existentiel le chercheur risque de stagner indéfiniment dans le domaine du doute.

 Cependant, il me semble que nous ne pouvons douter de tout sans risquer de sombrer dans la folie ou tout du moins dans l’angoisse. L’Humain n’a-t-il pas besoin de certitudes pour asseoir sa vie ?

 Lorsque le Bouddha a dit “Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire” n’est-il pas allé trop loin et n’a-t-il pas abouti à l’absurde ? Nombre de philosophes agnostiques ont abouti dans cette philosophie de l’absurde, tel, en particulier, Albert Camus.

 Et pourtant, sommes-nous capables, d’atteindre la vérité par le seul usage de notre raison ? Sommes-nous capables en appliquant rigoureusement la méthode cartésienne d’atteindre une vérité indubitable ?

 Le doute existentiel n’engendre-t-il pas inexorablement des séries de questions qui s’emboîtent inévitablement dans d’autres séries de questions qui produisent à leur tour de nouvelles séries de questions ? Et ainsi à l’infini…

 Nous sommes tous, finalement, comme des enfants : “Maman, les petits bateaux qui vont sur l’eau, ont-ils de jambes ?”

 Pourquoi le soleil brille-t-il dans le ciel et pourquoi les étoiles scintillent-elles dans la nuit et pourquoi le firmament est-il si grand et pourquoi pourquoi ?

 Et si tout n’était qu’illusion ? Et si ce monde que nous palpons n’était qu’un rêve ?

 Et là nous constatons que le doute existentiel rejoint aussi le doute scientifique, car quoique nous fassions, il reste toujours des questions sans réponses. Mais n’est-ce pas là aussi l’attrait du doute et de la recherche ?

  

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